Ça y est, je me lance.
Après plusieurs années à louer du mutualisé, je me décide enfin à monter un serveur chez moi.
Rien de technique dans ce billet, j’explique surtout pourquoi l’auto-hébergement et à quel prix, mais d’autres articles avec mes mésaventures devraient suivre.

L’auto-hébergement ?

Je n’ai pas envie de vous faire un affront, mais ce blog n’étant pas destiné uniquement (voire pas du tout) aux masters en sysadmin, je me dois de rappeler ce qu’est l’auto-hébergement.

Si c’est à la mode d’entendre et de parler de décentralisation d’Internet, il faut savoir qu’à ses débuts c’était déjà le cas. Exit Google, Facebook et consorts, Internet a été pensé pour être acentré, c’est à dire que les machines qui le composent fournissent elles-mêmes les services.

L’auto-hébergement est simplement le fait de fournir soi-même les services que l’on utilise, comme le serveur web et mails, mais cela peut aller plus loin. En effet, avec les outils à disposition aujourd’hui, on peut se mettre à héberger son propre serveur Git, proposer à la famille d’être leur fameux Cloud, mettre en ligne son serveur * Insérer un jeu en ligne ici * , …

Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons pour s’auto-héberger. Voici les miennes.

Maître de tes données tu seras

La première et principale raison est certainement la localisation des données personnelles. Je préfère savoir que ce que j’écris, ce qu’on m’envoie, reste chez moi. Les photos de vacances, des gosses, la famille, les réunions, les mails, mon blog, mon code etc etc sont bien mieux chez moi que sur un prétendu nuage.

Pas que je sois paranoïaque, il ne faut pas tomber là-dedans non plus. Mais à partir du moment ou des données sont physiquement ailleurs, elles sont consultables par le possesseur du serveur, et donc exploitables, revendables, …
Ce que je pourrais y mettre n’intéresse pas grand monde, mais je n’aime pas l’idée de se faire du fric sur mon dos. Facebook profite déjà trop largement de la frénésie de ma femme à vouloir partager les photos des gamins et des chiens, malgré ma réticence face à ces outils dont on est le produit.

Puis pour aller plus loin, ceux qui me lisent depuis un moment savent que j’ai perdu des données. A l’autre bout du monde, sans connexion internet, on ne pense pas forcément à renouveler la location de son serveur.
Si mon blog avait été stocké chez moi, je n’aurais perdu que le nom de domaine, pas mes articles..

Économique

On pourrait se dire que faire tourner un PC 24/24 coûte bien plus cher que de louer un serveur mutualisé à 30€ par an. C’est à moitié vrai.

Si vous n’hébergez qu’un blog, alors l’achat d’un nom de domaine et la facture d’électricité pourrait monter plus haut que la location d’un mutualisé.

Pour ma part, je compte mettre en place d’autres solutions, comme un serveur mail, et profiter de mon disque dur et des non limitations pour dédier des pages à mes petits projets persos. Alors, la location d’un dédié où un gros plan mutu me coûterait plus cher que ma facture d’électricité.

Pour m’auto-héberger, j’ai décidé de réutiliser du matériel existant afin de limiter les coûts. Ce sera donc un eeePc (Asus 1001HA) de 6 ou 7 ans, branché avec sa batterie (onduleur pas cher 😉 ), monté à 2Go de RAM, avec un processeur Atom 2×1.6Ghz, et un DD de 160Go.
Le tout devrait me coûter moins de 15€ par an d’électricité, écran et wifi éteints, sans compter le NDD.

Mais ils existent des machines qui consomment encore moins, comme le SheevaPlug ou l’EEEBox.

Éducatif

Bien sûr, c’est aussi un peu éducatif. Je suis plus programmeur qu’admin système, alors les serveurs et moi ça fait…. Beaucoup. Ce projet est donc également à titre d’apprentissage.

Je m’étais déjà essayé à monter un serveur il y a quelques années, sous Xubuntu. Il ne s’agissait que d’un serveur web, très light, mais qui avait le mérite de fonctionner. Puis est venue la nécessité de réutiliser la bécane hôte, alors je n’avais pas poussé l’expérience plus loin.

A présent je souhaite quitter ma zone de confort, et m’essayer avec du soft que je ne connais pas.

Liberté technique

Enfin, le plaisir de la liberté. Quoi de plus frustrant d’être limité par un hébergeur à 1 ou 2 bases SQL, de devoir se cantonner à du PHP 5 lorsque son script fonctionne sur la version 7, devoir s’abstenir de MariaDB, ne pas pouvoir suivre les MaJ, …
Tout ça, c’est fini. Vous êtes maître des applications que vous mettez en place, mettre à jour ou pas, et vous pouvez même tout péter si ça vous chante. N’est-ce pas réjouissant ? 🙂

C’est tout beau tout rose

Forcément non. Si tout le monde ne s’auto-héberge pas, c’est qu’il y a des raisons.
J’en trouverai sans doute d’autres plus tard, mais j’en vois déjà qui pointent le bout du nez..

A la portée de n’importe qui

Bon, ça c’est faux, c’est clair. Dire que l’auto-hébergement est à la portée de tous, c’est pas vrai pour le français moyen.

Malgré tout, des solutions out of the box existent, comme Freedombox ou Yunohost, qui s’installent comme n’importe quelle distribution et permettent en quelques minutent d’avoir un serveur fonctionnel, dans lequel on installe en quelques clics une ou plusieurs applications.
Il faut malgré tout avoir quelques connaissances dans le monde Linux pour configurer tout cela, et un minimum de notions web (routage notamment), sans quoi votre box refusera toute connexion entrante.

C’est cul riz thé

Un autre point à ne pas négliger, c’est la sécurité.
Comme déjà dit, je ne suis qu’un amateur dans ce monde de hacker. Si aujourd’hui j’ouvre ma box, je prends le risque que quelqu’un s’attaque et pénètre mon réseau personnel, et donc les ordinateurs qui y sont connectés.
Pour faire simple, en paramétrant ma Freebox pour laisser passer les connexions entrantes, je vire le videur de la maison, et je me dis que je ferai le gorille moi-même.
Ben videur, c’est comme le reste, c’est un métier. J’engage quand même un pare-feu, surtout pour la forme, et je ferme la porte au maximum. Et advienne que pourra.

PS : Rien ne sert de vous y essayer maintenant, le blog demeure ailleurs, et j’ai même pas de photo de moi à poil sur mes bécanes. Sans rancune 😉

Backup, le retour

Je parlais de ma mésaventure sur une perte de données tout à l’heure.
Est-ce que le stockage à la maison empêche tout incident de ce genre ?

Lorsque vous louez un serveur chez un prestataire, vous gagnez au moins l’assurance de l’intégrité de vos données. Chez lui, grâce aux techniques RAID, si un des disques durs crashe, vous pouvez normalement récupérer la totalité des données.
Mais dans mon EeePC, y’a pas la place.

J’envisage les sauvegardes par réseau ou USB, j’ai 2 ou 3 DD qui traînent et qui pourraient m’être utiles.
Mais si je continue à oublier de sauvegarder, tout peut partir du jour au lendemain sans prévenir.

Fiabilité

Enfin, la maison. Pour un PC portable, c’est un environnement hostile, bien plus qu’une salle de serveurs.
Chez moi, tout peut arriver. J’imagine déjà ma femme débranchant le câble réseau pour passer l’aspi, le gamin qui fait tomber le PC (il y a encore quelques jours), la connexion internet qui me lâche (hier soir), le câble électrique reliant ma maison de campagne qui tombe (en mars, 22 heures sans électricité du tout), …
Ça, c’est ce que vous payez aussi en louant un serveur, la fiabilité et l’absence d’emmerdes.

C’est certainement un risque à prendre, peut-être que j’en reviendrais, à suivre.