Depuis que j’ai mis en ligne TootoPHP, j’écris moins. Pas moins de temps sur le clavier non, je rédige surtout de la doc et du code pour cette librairie.
Ce petit projet vise à servir l’intérêt du libre, à travers Mastodon. Si vous n’avez pas passé les 20 derniers jours dans une grotte, nul besoin de vous expliquer ce que c’est.
Alors pour faire les choses bien, j’ai décidé d’héberger le repo git sur une plateforme libre : Framagit.

Framagit, la forge libre

Framagit est un service lancé par Framasoft (vous savez, le slogan Dégoogliser Internet, c’est eux) lancé en 2015, à l’annonce de la fermeture de Google Code.

Il est basé sur le logiciel GitLab, lui-même sous licence MIT. GitLab est un concurrent de Github, et propose en gros les mêmes fonctionnalités, à la différence que le code de GitLab est ouvert.

GitLab propose d’héberger son code directement sur gitlab.com, ou alors de s’auto-héberger en installant un de leurs produits.
C’est le choix qu’à fait Framasoft en installant la version Community Edition (gratuite), puis a ouvert les portes au public.
De plus, l’interface est plus sympa, mais c’est personnel 😉

Autre point non négligeable, Framagit permet de créer des dépôts privés gratuitement.

Exit Github

Ça fait des années que j’utilise des gestionnaires de subversions pour un tas de projets. Après mes débuts sur Mercurial, un choix imposé, j’ai vite senti que Git, avec ou sans forge, était un outil bien plus user-friendly à utiliser.

Puis j’ai découvert Github, le réseau social du code. Celui-ci m’a permit de découvrir plein de projets, sans pour autant y contribuer, mais encore pour apprendre.
J’y ai vu des bonnes idées, des bonnes pratiques, des moins bonnes (opinion perso). Mais j’ai découvert un formidable outil pour créer et partager.

En revanche lorsque je ne souhaitais pas partager, les repo privés étant payants, et bien tout restait chez moi..

Le Windows des forges

Github, c’est le Windows des gestionnaires de subversion. Code propriétaire, ce qui ne m’a pas posé de problèmes pendant longtemps, mais je suis aujourd’hui plus réfractaire à tout cela.
Pourquoi ? Et bien comme toutes les boites qui ont un monopole (Microsoft, Facebook, Google, ..) et un code fermé, ils sont libres de changer leur interface du jour au lendemain, d’intégrer des pubs, et pourquoi pas intégrer des merdes dans le zip à télécharger de vos propres codes. Sourceforge, si tu nous regardes 😉

Si cela ne m’a pas posé de soucis pendant des années, j’ai le sentiment qu’aujourd’hui je suis plus éduqué, plus enclin à utiliser du libre. Éduqué non pas grâce à l’école, mais justement à force d’utiliser du libre, bien au delà de ma scolarité.

Utiliser, mais aussi faire du libre. Ça, sans m’en rendre compte, c’est ce que j’ai toujours fait.
Pour moi, l’accès à la culture dématérialisée doit être libre et gratuite, et c’est comme ça que j’utilise internet.

D’ailleurs, c’est pour cela que ce blog existe : Partager ma maigre culture gratuitement et librement.

Au centre du problème

Le truc qui me dérange surtout, c’est la centralisation. Google en sait beaucoup trop sur moi, et Facebook sur ma femme. Alors plutôt que d’engraisser encore une énorme boite avec mes données, mon projet libre, j’ai voulu le stocker ailleurs.

Framagit ne fait pas exception, puisque mes données sont chez lui et pas chez moi. Mais il faut bien faire confiance à quelqu’un.

Héberger sa forge, c’est possible. En installant GitLab chez vous, ou une autre forge. Comme installer son serveur mail, Apache, etc
Mais ce n’est pas une solution viable pour tout le monde. Alors plutôt que de tout centraliser, j’essaye avec mes maigres possibilités, à mon échelle, de faire en sorte qu’Internet ne se résume pas à quelques entreprises.

D’ailleurs, c’est pour cela que j’adore Mastodon 🙂

Le revers de la médaille

Framagit, c’est cool. C’est libre, beau et rapide.
Mais le gros point noir, que je connaissais avant de m’y installer, c’est le coté social.

Lorsque j’ai publié TootoPHP, je savais qu’en ne le mettant pas sur Github ou GitLab, je perdrais du coup l’avantage d’avoir des millions d’utilisateurs.
Aussi, pas de ‘Star’, de fork ou d’issue. J’avoue me sentir très seul sur ce dépôt ^^

Sur la forge, je n’ai eu qu’un retour d’un anglophone qui a créé un compte 5 minutes avant d’envoyer son issue. Depuis, rien.
Sans vouloir me jeter des fleurs, je sais que j’aurais eu beaucoup plus d’interactions si le code avait été déposé chez l’octocat, car j’ai des retours sur ce blog, sur Mastodon, par mail, … Mais pas là où je l’aurai souhaité.

Aussi je pense que déposer ses projets sur cette forge, tout comme s’auto héberger, fait perdre de la visibilité, chose dont on ne peut se priver si l’on veut que le code soit utile à d’autres.

Regret ?

Non bien sûr, je n’ai aucun regret. Dans les jours à venir, je déposerai d’ailleurs d’autres projets qui sont déposés ailleurs.

J’aurai aimé bien sûr pouvoir toucher plus de public, tout comme les fondateurs de grands projets libres.
Mais ce choix était réfléchi et voulu. Je n’ai pas découvert Framasoft hier, loin de là, mais j’ai enfin pris conscience que je pouvais, à mon échelle, faire un peu pour le libre.

Si jamais cela peut inciter quelqu’un à franchir le pas et commencer à se débarrasser des grands monopoles, alors cela n’aura pas été en vain 🙂